Playlists

Vendredi 17 juillet 2009
Cela fait longtemps que je ne vous ai pas abreuvés de mes playlists ravissantes et salvatrices, je reviens donc avec cette dernière, plus thématique encore que d'habitude puisqu'elle sera uniquement consacrée à Chara, artiste dont il est tout dit, dont principalement n'importe quoi, oubliant là qu'elle reste une des artistes pop les plus talentueuses du Japon, sans oublier qu'elle en fut parmi les plus influentes et que son héritage est revendiqué par de nombreuses collègues, BONNIE PINK et Shiina Ringo entre autres, excusez du peu. En bientôt 20 ans de carrière, les domaines explorées par Chara sont variés et souvent réjouissants, mais le meilleur de son travail reste concentré sur une dizaine d'années entre le milieu des années 90 et le milieu des années 2000, c'est donc de cette période que j'extrairai les titres de cette playlist. Pour finir, aucune réflexion ne sera tolérée sur la voix de Chara de la part d'amateurs 1- de RnB japonais, 2- de rock japonais, 3- de musique japonaise en général. (Note : si vous ne souhaitez pas télécharger les morceaux un par un, j'ai mis un pack les regroupant tous en fin d'article)

Duca, parce que ce morceau pop léger est tout à fait indiqué pour ouvrir plaisamment les hostilités. Attention, ne vous méprenez pas quant à l'expression "morceau pop léger", on n'est pas dans du Aya Ueto ou du Ami Tokito, il est simplement manifeste que Duca ne se prend pas la tête, Duca se contente de percussions nombreuses (sans boîte à rythme), de basses et d'un saupoudrage bubble-gum discret mais essentiel. Et Duca prend même le risque d'une composition relativement audacieuse mais néanmoins sympathique, le tout contribuant parfaitement à nous mettre de bonne humeur, un peu comme si Duca était la fille de Yasashii Kimochi un an plus tôt.

Private Beach, parce que Duca a beau être tout simplement un bon titre, il était nécessaire d'arriver maintenant à quelque chose de plus consistant. A Scenery Like Me, sorti en 2004, est probablement le sommet de l'art de Chara qui, sur des reprises de ses anciens morceaux, nous fait preuve de son incroyable talent. En réalité, cet album est tel qu'il me faudrait être Van pour décrire les émotions qu'il déclenche, mais puisque pour le moment je suis encore Ananda, je dirai juste qu'il est très émouvant. Private Beach est dans la lignée des autres titres de l'album : long, langoureux, Chara y sussure plus qu'elle ne chante (ce qui n'est pas un mal quand on voit comme beaucoup des morceaux originaux étaient braillards) et la part belle est faite à l'émotion et à l'instauration d'une atmosphère enveloppante. Un morceau sublime à en pleurer.

Family tree, parce que Something Blue est le complément parfait de A Scenery Like Me, tant Chara y va encore plus loin dans l'atmosphérisation de sa musique. L'album est d'autant plus méritant que Chara y est aux commandes de bout en bout, montrant là une maîtrise inattendue et bluffante de la production. L'ensemble est magique et sensuel, suave et bandant. Family tree en est le premier morceau et ouvre très honorablement un album incroyable dont devraient plus s'inspirer les Japonais péteux qui souhaitent sortir des sentiers battus. Chara y semble pour le coup assez mourante, enchaînant les râles et les soupirs sur des nappes mouvantes et dangereusement oniriques. Certains trouveront ça chiant, mais ils n'auront rien compris et n'auront plus qu'à retourner écouter les Kalafina et L'Arc~en~Ciel (ou Akiko Shikata si ils préfèrent, je suis pas sectaire dans la merde).

SKIRT
, parce que rien de tel qu'un autre morceau pop pour revenir au monde réel (j'ai peur que la coupure soit brutale mais tant pis). Quand Anna Tsuchiya et consorts rivalisent de laideur pour être prises pour des rockeuses, Chara nous sort le fantastique James Iha des non moins fantastiques Smashing Pumpkins (groupe de rock s'il en est) pour ce délice pop. La guitare d'Iha (et sa voix sur le refrain) vient donc habiller ce morceau réjouissant et guilleret, moins exigeant que les deux précédents, mais néanmoins réussi et énergique, et aussi plus entraînant, et Dieu sait que parfois il est bon d'écouter des chansons qui sont JUSTE bonnes.

En bonus, voici la mélancolique Boku ni Utsushite, toujours avec James Iha mais dans un registre plus calme et touchant que j'exhume d'une vieille playlist, et juste pour le plaisir, la reprise de MY WAY par YEN TOWN BAND, groupe fictif du film Swallowtail Butterfly dans lequel Chara a connu le succès. Et enfin, voici le pack avec tous les morceaux de cette playlist. Bonne écoute.
Par Ananda
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Samedi 16 mai 2009
C'est bien beau de dire que la musique japonaise ça craint, mais tel des porte-paroles de l'UMP lors de chacunes de leurs interventions télévisées, je vous entends murmurer "c'est facile de critiquer, mais il faut aussi proposer". Voici donc le retour de la playlist d'Ananda, avec en toute simplicité aujourd'hui, la playlist qualité, certifiée par moi-même.

ACO - ya-yo!, parce que je suis sûr que ça vous mettra de bonne humeur. Après des débuts pop teintés de RnB facile pas forcément trop exceptionnels, voire franchement nazes, ACO s'est imposée au long de sa carrière comme une valeur sûre de l'electronica japonaise, à la faveur d'un virage à 180° salutaire bien qu'incompréhensible. Collaborations avec DJ Krush, Yoshinori Sunahara de Denki Groove, les Islandais de Mùm, albums réjouissants, ACO sait visiblement s'entourer. En 2005, c'était notamment avec le DJ Taeji Sawai qu'elle s'associait pour le mini-album mask, plus dance et moins planant que ses travaux précédents (et moins bon aussi). A deux, ils écrivent et composent ce ya-yo! joyeux, mignon, aérien, remuant et pas prise de tête pour deux sous. De la pop électronique intelligente et coconne à la fois qui vous mettra du baume au coeur. A l'occasion, jetez un oeil au délicieux clip.

Takako Minekawa - FANTASTIC CAT, parce que Takako Minakawa est la grande voix que Kahimi Karie aurait rêvé d'être. Il est vrai qu'à côté de Kahimi Karie, tout le monde a de la voix, et qu'en fait, celle de Minekawa est à peine plus puissante. Artiste complète (comme on dit), cette dernière ne partage pas avec sa copine Kahimi qu'un passé commun dans le groupe Fancy Face Groovy Name (si vous trouvez un nom de groupe plus cool que ça, je me coupe les couilles), et un mari (Cornelius, pape international du shibuya-kei qui a vendu plus à l'Occident que n'importe quel groupe de visual kei, qui pourtant hideux, est l'ancien petit-ami de Kahimi Karie et le mari de Takako Minekawa), mais aussi un succès considérable sur la scène shibuya-kei des années 90. FANTASTIC CAT est un morceau pop typique du genre : easy-listening et pourtant travaillé et entraînant à s'en damner, la faute à cette flûte complètement crétinisante se superposant aux arrangements électroniques du titre. Un grand moment de fraîcheur narta.

UA - Otoko no Onna, et en version live extraite du concert Sora no Koya, en 2003 s'il-vous-plaît, et parce que la voix d'UA est toujours aussi magique. Je soupçonne ce morceau d'être trop étrange pour beaucoup d'entre vous, et c'est bien dommage parce qu'UA est tout à fait fabuleuse en live, c'est d'ailleurs pour ça que c'est peu probable qu'elle vienne un jour en France (mais hey, on a déjà SCANDAL et les AKB48). Les arrangements sont magiques, les instruments sur scène instaurent une ambiance qui appelle au voyage, tandis que la voix chaude et grave d'UA couronne le tout avec toute la joyeuse disharmonie qu'on lui connaît. Otoko no Onna est un morceau complexe, mais c'est avant tout une atmosphère world qui tient de l'expérience inédite et intense. Pour peu qu'on accepte de se laisser porter, ce titre est tout simplement exceptionnel.

Yuu - Amai Mizu, parce qu'il faut vraiment avoir très mauvais goût pour ne pas aimer Yuu. Chanteuse et guitariste du groupe de vrai rock GO!GO!7188, Yumi Nakashima (un nom somme toute assez lamentable) est une mutante qui dans le carcan conformiste japonais écrivait de furieux morceaux punk à 20 ans. Après le succès très mérité de son groupe, Yuu décida en 2004 d'écrire et de composer un album solo ma foi très bon aux allures de démo technique où elle se permettait de varier les influences pour partir dans la pop, le jazz (aaah Senjou no CHERRY), ou tout simplement d'autres formes de rock, avec pour référence Shiina Ringo, entre autres. Sur cet album figure la ballade Amai Mizu qui est tout simplement un morceau sublime. Pas de nappes de violon, de boîte à rythme ou de guitare andalouse. Pas de choeurs ethniques ou de mélodies celtiques. Yuu a trop de goût pour partir dans les excès habituels des Japonais et ne se permet qu'un simple piano, particulièrement virtuose. Et pourtant, le morceau sonne terriblement japonais, avec une interprétation traînante et déchirante, magnifique et sensible, en particulier sur la dernière reprise du refrain qui vous étreint le coeur et vous le déchire à mains nues. La voix de Yuu est magnifique. Elle ne ressemble pas à celles de Yuna Ito ou de Miliyah Kato, qui n'ont pas d'autres ambitions que de copier leurs standards. Elle n'essaye pas de calquer et assumes ses origines. Elle est nasale et incroyablement claire. Et triste. Certains reprocheront au morceau sa longueur, d'autres sa sobriété, et ils auront juste tort. Si vous ne deviez télécharger qu'une chanson sur les quatre, ce serait celle-là.

Et pour ceux qui ne voudraient pas télécharger individuellement, voici une archive des quatre. Vous n'avez plus d'excuse.
Par Ananda
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Mardi 10 février 2009
Les obsèques de Van s'étant bien déroulées malgré l'interruption pour le moins tragique des brigades de la connerie, il est temps de lui rendre ce dernier hommage posthume en vous faisant partager une playlist comme il l'aurait aimée. Enfin je suppose, bien que nos amies d'aujourd'hui ne méritent aucune envolée lyrique sur la beauté de l'Art, leurs chansons sont juste sympathiquement désuètes, poussiéreuses, terriblement démodées (car terriblement vieilles), kitsch et charmantes. Note : en dépit du titre, cette playlist ne contient aucun morceau d'Ayumi, car il ne l'aurait pas voulu.

Hiromi Oota - Momen no HANDKERCHIEF, juste parce que je vous mets au défi de trouver quoi que ce soit de plus ravissant que ce morceau. Sérieusement. Ce dialogue entre les deux membres d'un couple est probablement dans l'esprit ce qu'on voudrait qu'il se dégage de nos couples avant que tout ne devienne chiant et qu'on se retrouve à faire des plans à trois sans même s'y attendre.

Momoe Yamaguchi - Cosmos, parce qu'il était bien sûr impossible de ne pas passer par la grande et belle Momoe, LA star des années 70 qui a émoustillé un Japon tout entier avec des paroles que Kumi Koda n'auraient certainement pas reniées, mais qui resta néanmoins exemplaire jusqu'au bout en se retirant de la scène après son mariage en 1980 (bonne fille). Pour reine des idols qu'elle était, Momoe n'en était pas moins une chanteuse tout à fait décente, en témoigne ce Cosmos, larmoyante ballade interprétée d'une voix suave et qui vous déchirera le coeur tout en achevant de vous démontrer que Nobuo Uematsu est le deuxième plus grand pompeur du Japon (derrière Yoko Kanno et devant Kumi Koda justement) puisqu'il s'en est largement inspiré pour composer Melodies of Life, de vous savez probablement qui (indice : elle est devenue la Reine incontestée des vieilles et ménopausée) pour FFIX.

Yumi Matsutoya - Sotsugyoushashin, parce que même si tout le monde sait à quel point les chansons sur le sujet m'insupportent au plus haut point (celui d'exclamation), il n'y a pas de raisons que vous ne connaissiez pas son exemple le plus représentatif (ou pire, que vous ne connaissiez que l'ennuyeuse version d'Ayumi Hamasaki, qui avait pourtant esquivé le sujet avec habileté jusque là). Concédons au morceau son le (relatif) bon goût de son arrangement discret (il s'agit plus d'une absence de mauvais goût que de bon goût, mais on parle des Japonais je vous rappelle) et la voix grinçante de Yuming qui reste contre vents et marées plutôt attachante.

Keiko Fuji - Shinjuku no Onna, parce que cette playlist "vieilles et ménopausées" ne pouvait se faire sans un peu d'enka. Avant d'enfanter Hikaru Utada puis de devenir une criminelle internationale, Keiko Fuji était une charmante chanteuse d'enka et nous livrait des petites merveilles de mauvais goût de sa voix éraillée, le tout ponctué de vibrato à décorner les morts (ou quelque chose comme ça). Dans Shinjuku no Onna, elle nous en pondait même un sur un "n" de toute beauté, et rien que pour ça, ça vaut le coup.
Par Ananda
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Samedi 7 février 2009
Puisque Van a décidé de saborder son blog, et pour cette raison, même si comme moi vous n'étiez pas la plupart du temps d'accord avec ce qu'il disait, vous êtes en deuil, je reprends ma section playlist (et aussi pour faire un article qui ne me demande aucune réflexion). Je vais revenir sur 2008, qui a été une année particulièrement déprimante, avec peu de découvertes (je fais amende honorable, j'ai peu fouillé) et des idoles décevantes. Finalement, voici quatre titres parmi ceux que j'ai vraiment aimés en provenance du Japon l'année dernière, et la sélection, pour -évidemment- excellente qu'elle est, n'en reste pas moins déprimante puisque je vous ai déjà parlé de la majorité des artistes qui y figurent. Au moins, je suis cohérent (mais je suis, et je resterai une connasse) ...

Chara x HANAREGUMI - Time After Time , bien que j'ai hésité à vous proposer ce morceau qui n'a rien de particulièrement exceptionnel, mais qui justifie sa présence par le fait que 1) il est très joli, 2) c'est à peu près la seule bonne chose qu'ait faite Chara cette année. Une douce reprise de la ballade de Cyndi Lauper menée, il faut bien l'avouer, par le timbre assez ravissant d'HANAREGUMI, une des rares voix masculines japonaises qui ne soit pas insupportable. Le mérite lui revient finalement plus qu'à notre nouvelle quadragénaire qui n'est pour le coup pas particulièrement brillante. Ceci dit, l'harmonie des voix fonctionne tellement bien que l'on n'a même pas envie de reprocher quoi que ce soit au morceau. Avec l'espoir que Chara, qui est réellement, même si il est facile de l'oublier, l'une des artistes japonaises les plus talentueuses, se reprenne un peu.

GO!GO!7188 - Koi no Kisetsu , reprise d'un méga succès de Pinky & Killers qui leur avait valu le prix de la révélation de l'année aux Nihon Record Taishou et avait atteint approximativement les 2.000.000 d'exemplaires vendus, et on comprend pourquoi (on se retrouve après cette vidéo) :



Les deux derniers albums de GO!GO!7188 étaient leurs deux albums les plus pop, et bien que 569, le dernier en date, était pour le moins excellent, on avait perdu beaucoup de la colère qui caractérisait le groupe à ses débuts. La bonne nouvelle, c'est qu'on la retrouve dans ce morceau complètement dément. La guitares est pesante, la batterie écrasante, la voix de Yuu toujours aussi parfaite et les backgrounds d'Akko rajoutent encore au plaisir (j'ai du mal à être convaincant dans mon enthousiasme ce matin on dirait). Le long intermède instrumental inséré au milieu du morceau achèvera de vous convaincre que GO!GO!7188 reste un des rares groupes de rock japonais en major qui méritent qu'on en parle, et surtout, de très loin un des meilleurs (coucou L'Arc~en~Ciel, ça faisait longtemps, ça va, le faux rock se porte bien ?).

Ikuko Harada
- charm point (merci à Epikt, que vous pouvez retrouver sur son indispensable blog, pour la découverte), parce que, et c'est étonnant, Ikuko Harada ne rassemble rien de de ce que je reproche habituellement aux artistes japonais qui tentent de sortir des sentiers battus. A savoir que l'on se retrouve presque toujours soit avec des compilations de morceaux grandiloquents faussement stylés qui rappellent des OST de RPG, soit avec des bouillies d'influences mal digérées (voilà mon principal point de divergence avec Van d'ailleurs) à l'effet "catalogue de samples" assuré. Le magnifique album Ginga n'est rien de ça et bouleverse par sa sensibilité, la beauté de ses compositions et la finesse de ses arrangements. L'artiste a bien compris que point trop n'en faut et que la richesse d'un morceau ne se trouve pas dans la quantité de sonorités accumulées. Sur une mélodie au piano, charm point déroule sa mélancolie grisailleuse (à moins que ce ne soit la météo) avec une grande humilité et une intelligence rare. Je vous ordonne de l'écouter.

ZAZEN BOYS - Fureai, parce qu'il m'est impossible de ne pas évoquer les ZAZEN BOYS quelque part dans la mesure où 1) Mukai Shutoku est l'artiste japonais le plus talentueux (indiscutablement) des 20 dernières années, 2) ZAZEN BOYS 4 est sans doute le meilleur album sorti au Japon en 2008 (déjà plus discutable). Après un ZAZEN BOYS III qui a -un peu injustement- pas mal déçu les fans, le génie Shutoku est revenu avec un album assez irréprochable. Les compositions sont toujours aussi complexes (pour le coup, vraiment), les lignes de basse toujours aussi inventives, l'énergie bordélique est elle aussi intacte. Pour la petite histoire, j'ai eu énormément de mal à sélectionner un seul morceau de ce bijou, j'ai donc essayé de vous en proposer un relativement accessible, même si je suis conscient que parmi les quelques uns d'entre vous qui prendront la peine de le télécharger, la plupart va détester. Ce qui voudra simplement dire que vous avez mauvais goût.

Bonus : Il y a peu d'intérêt à proposer des morceaux d'artistes déjà relativement connus ici puisque ceux qui sont intéressés se les seront procurés, et ceux qui ne le sont pas seront passés à côté, mais voici deux autres morceaux de 2008 qui ont fait totalement plaisir : Kaela Kimura - Jasper, et YUKI - Kisha ni Notte.
Par Ananda
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Dimanche 8 juin 2008
Voici ma petite sélection de la semaine, servez-vous !

aiko
- BOYFRIEND, parce que c'est la chanson qu'Ai Otsuka aurait rêvé de composer, alors qu'elle n'en sera jamais capable. Il faut dire que c'est compliqué d'écrire une chanson pop joyeuse qui ne sombre pas, à partir d'un point imperceptible, dans le débile. Otsuka n'y a pas encore réussi. aiko est peu connue par chez nous, et pourtant, et cela ferait un choc aux imbéciles pensant qu'Ayumi Hamasaki est la chanteuse préférée des Japonais si ils savaient lire autre chose que des skyblogs, c'est à peu près elle la chanteuse préférée des Japonais (et des Japonaises). C'est normal, elle est continuellement sympathique, gentille, proche de son public, joyeuse, et met un soin extrême à surtout éviter de se renouveler, et ce depuis 10 ans. Cette incroyable popularité est d'autant plus remarquable que ses ventes, en étant absolument honorables et enviables par 99% des artistes nippons, n'ont jamais été absolument exceptionnelles. Pour preuve, ce BOYFRIEND, son plus grand succès, n'a été vendu "qu'à" 520.000 exemplaires, et ce en 2000, très loin derrière le TSUNAMI de SOUTHERN ALL STARS, vendu à presque 3 millions d'exemplaires cette année. Ce titre reste cependant un tube et LE classique de la carrière d'aiko, qui nous livre ici son essence : voix aigue et grinçante, mais néanmoins juste et jolie (et c'est juste un peu moins bien en live), avec des passages tout à fait maîtrisés et inattendus dans les graves lors du refrain, une instrumentation pop à base de guitares, de piano, de synthés, de batterie, de cuivres, et de manière beaucoup plus surprenante, d'un banjo, qui rajoute, lors du solo qui vient remplacer le sempiternel et répugnant passage à la guitare électrique, un réel plus au morceau. Un morceau qui met de bonne humeur sans donner des envies d'euthanasie, une composition pop de très bonne facture (et j'insiste vraiment là-dessus), des arrangements qui tiennent la route, le meilleur d'aiko en un titre.

GO!GO!7188 - Ame Nochi Ame Nochi Ame, parce qu'une médiatisation limitée a du bon. Cela permet notamment de, contrairement à tous ces groupes archi-connus (dont certains portent des noms français et donnent des concerts au Zénith), faire du vrai rock. Oh mon Dieu, certains vont aller jusqu'à s'étonner du fait que ce genre musical puisse exister au Japon, tant il est sous-représenté. Et pourtant, GO!GO!7188 est un authentique rockband, avec à sa tête la dégénérée Yuu, capable d'écrire des mélodies punk rageuses, ou des complaintes déchirantes, à l'image de ce Ame Nochi Ame Nochi Ame, sorti en 2003 sur l'album Tategami, qui en plus d'un titre intraductible (ça donnerait quelque chose comme "après la pluie, après la pluie, la pluie", en gros, "Après la pluie, toujours la pluie"), est un excellent morceau, combinant ces deux éléments. Les couplets sont interprétés par une Yuu plaintive, tandis que les refrains dégagent une énergie qui serait tout à fait inapte à figurer dans un générique de Gundam. Si après ça, votre coeur n'est pas définitivement déchiré, c'est que vous n'en avez pas.

Kousuke Atari - Ave Maria, parce que c'est rare de trouver un interprète masculin solo tirer un peu son épingle du jeu. On a beaucoup parlé de l'interprétation de l'Ave Maria de Caccini (qui ne fut d'ailleurs pas composé par Caccini mais par Vladimir Vavilov) par KOKIA, en dépit du fait que cette démonstration vocale n'était ni émouvante ni impressionnante, en particulier si on la compare à celle de la Coréenne Sumi Jo, mais nous ne sommes pas là pour perdre du temps avec ça. Kousuke Atari, connu pour la redondance de ses travaux et sa capacité à mixer une soupe pop tiédasse à un chant shima-uta (ou qui en est inspiré), offre une interprétation touchante et plutôt originale de l'Ave Maria de Schubert. Si tant est que l'on ne soit pas rebuté par ce style de chant, on appréciera le dépaysement amené par l'interprétation de l'artiste, tout en savourant le magnifique accompagnement au piano, qui demeure le même que dans l'originale de cet immense classique.

Shiina Ringo
- STEM (Casshern Version), parce que j'aime me la péter avec mes collectors dont le monde entier se bat les yeux. Petite mise en place du décor : en 2003, Shiina Ringo, qui nous revient après un divorce et un bébé, sort le single Stem ~Daimyou Asobi Hen~, qui est sans aucun doute son meilleur single, et dont la qualité dépasse celle de tous les travaux de YUI, L'Arc~en~Ciel, Hitomi Shimatani et FUNKY MONKEY BABYS additionnés, et bien plus. La chanson-titre est une sorte de ballade tragico-épique mêlant la comédie musicale et le film noir, et interprétée en Anglais. Puis un mois plus tard, elle nous pond le meilleur album jpop jamais sorti, Kalk Zamen Kuri no Hana, avec sur celui-ci, une nouvelle version, totalement réarrangée et en Japonais, de Stem, intitulée Kuki (une sombre histoire de Kanji, en réalité, les deux titres s'écrivent de la même manière, dans la première version le Kanji se lit en Anglais, dans la seconde en Japonais), et là, une fois de plus, ça déchire tout. Eh bien, figurant sur la BO de ce ... euh ... film qu'est Casshern, se trouve cette version du morceau, qui est un mélange des deux versions précédentes : paroles en Anglais, arrangements de la version japonaise. Et cela est une bonne chose, parce que si Stem avait un je-ne-sais-quoi d'incroyablement séduisant (sans doute ce côté jamais entendu qu'on ne trouvera jamais chez Sony), Kuki est à l'image de Kalk Samen Kuri no Hana : sublimement arrangée. Tout simplement brillant.
Par Ananda
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Mardi 20 mai 2008
AJICO - Fuka Midori, parce que le rock japonais manque sérieusement de belles voix. En l'occurence, on se retrouve ici avec une des plus grandes interprètes, une des voix les plus magnifiques du marché japonais, la grandiose UA, inconnue par chez nous en dépit du succès qu'elle remporta à la fin des années 90 dans un style pop peu conventionnel et porté par des performances live mémorables. AJICO est à l'origine l'alliance de la chanteuse et du guitariste Kenichi Asai, leader de Blankey jet City, idole et probable ex petit ami de Shiina Ringo, auxquels se sont rajoutés le bassiste Tokie et le batteur Kyoichi Shino. Mélangeant un rock sombre doté de superbes mélodies et l'interprétation inspirée d'UA, qui offre sa couleur vocale si caractéristique se rapprochant du jazz aux morceaux, AJICO a existé moins d'un an, juste le temps de sortir un album, trois singles, et CD et un DVD live. Fuka Midori est le nom de leur album, ainsi que sa piste d'ouverture, et un très grand moment de mélancolie aux saveurs de road trip nocturne. On est loin d'un générique d'anime, un titre à découvrir d'urgence pour tous les amateurs de bon rock.

dorlis - MARIPOSA, parce que les influences de dorlis se font rarement entendre en jpop. Entre scat, swing, jazz ... dorlis promène son absence de voix sur des mélodies pop enlevées. Oui, parce qu'il faut bien reconnaître que dorlis n'a qu'un filet de voix : chaque note tenue semble l'amener au bord de la crise d'asthme. Qu'importe, au moins celle-ci est plus agréable que les "vibratos" de certaines chanteuses ayant une exaspérante tendance à la surestimation. MARIPOSA est un morceau pop charmant aux influences gipsy, avec des violons ravissants et un refrain entraînant. Que demande le peuple ?

globe - FACES PLACES, parce que c'est un classique. Pour tout dire, Tetsuya Komuro a quand même du génie, et au-delà de toutes les catastrophes dont il est à l'origine entre les années 80 et les années 90, il est avec globe au sommet de son art. Il faut dire que KEIKO sait chanter (mieux qu'Amuro, Amigo ou hitomi), et dans FACES PLACES, morceau pop-rock novateur sur le marché japonais en 1997, elle sait même hurler au point que ça en devient jouissif. Des guitares, pas trop de Marc Panther, qui devait être allé chercher le ravitaillement du groupe en coke le jour de l'enregistrement, une KEIKO en très grande forme, un excellent morceau pop-rock.

Rimi Natsukawa - Nada Sousou, parce que je me fais vieux quand même. Rimi Natsukawa est une des artistes folk les plus populaires du Japon, chose qu'elle doit en grande partie à son tube Nada Sousou, encore dans le top 5 des chansons les plus téléchargées du genre sur Itunes Japon, plus de 7 ans après sa sortie. Il faut dire que le morceau a eu une longue, très longue vie, puisque ce n'est pas moins de 225 semaines que le single passa dans l'oricon, pour finalement atteindre environ 700.000 copies écoulées. Un very-long-time-seller donc. On comprend pourquoi : si les arrangements à base de violons baveux sont assez soupesques, l'interprétation sensible de Rimi Natsukawa fait des merveilles sur une jolie composition de Ryoko Moriyama.
Par Ananda
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Dimanche 11 mai 2008
Mika Nakashima - Love Addict, parce que c'est bouleversant à vivre et à avouer, mais j'aime cette chanson de Mika Nakashima (qui est pourtant une des plus pathétiques chanteuses japonaises). Certes, je trouve ça dommage que ce ne soit pas quelqu'un qui sait chanter qui l'interprète et me désole des capacités si limitées de l'anémique-asthmatique la plus célèbre de Sony. CEPENDANT, le génial Shinichi Osawa à la production nous livre une composition brillante et inspirée, délicieusement jazzy et enlevée. Ce n'est pas le genre dans lequel on connaît habituellement Osawa, mais voilà une grande et très classe réussite.

Eri Nobuchika - Sing A Song (Royksopp I Kramsno  Remix), parce qu'Eri Nobuchika est sans aucun doute un des ratés les plus injustes, sinon le plus injuste, qui soit arrivé en jpop ces dernières années. Dans le genre poupée électro sponsorisée, Eri Nobuchika, sous la houlette de Shinichi Osawa (encore) trouverait en quelque sorte un équivalent dans la MEG d'aujourd'hui, le talent en plus. Parce qu'Eri ne faisait (l'imparfait très douloureux) pas que prêter son image pour les rythmes électro de son producteur, cette fille a un talent réel, et une vraie voix, qui rappelle éventuellement celle de Mika Nakashima qui aurait appris à chanter, en ce qu'elle a de voilé et de grave. Il sufit d'écouter la version live de Voice présente sur le single du même nom pour se convaincre de ses capacités vocales. La chanson que je vous propose est issue de son album de remix, nobuchika.rx, sorti il y a exactement 2 ans (enfin il y avait exactement 2 ans hier). Il s'agit d'un remix jouissif de Sing a Song par les Norvégiens de Röyksopp qui offrent une nouvelle lecture du morceau original, sans le dénaturer pour autant. Ne soyez pas effrayés par la mention "remix", le titre est en fait plus doux, mais aussi plus intense, que l'original. A découvrir impérativement, ne serait-ce que pour honorer le talent d'Eri, qu'on voudrait revoir un jour.

ZAZEN BOYS - Anmin Bou, parce que Shutoku Mukai est un génie. En fait, c'est probablement LE génie du rock japonais, à 1000 lieux des faux rockeurs de pacotille de ce consternant rock japonais resté coincé dans les années 90 (mais il ne sert à rien d'être audacieux quand on produit des chansons uniquement pour qu'elles puissent servir de génériques à Gundam). Avec ZAZEN BOYS II, le deuxième album des ZAZEN BOYS (vous l'auriez parié non ?), il a probablement atteint le sommet de son art. On retrouve son travail sur les ruptures et le rythme et la richesse des lignes de basse et de percussions, avec en parallèle son débit si particulier, entre le rap et le parlé. En guest sur la piste, Shiina Ringo s'offre une incursion auprès de celui qui est sans doute son artiste japonais préféré. Un titre absolument excellent.

Takako Minekawa - Maxi On!, parce que fut un temps ou le terme "shibuya-kei" voulait dire quelque chose. Takako Minekawa partage énormément de points communs avec Kahimi Karie : leurs influences, en particulier françaises, leur style, et même leur mari, puisque le roi du shibuya-kei des années 90, Cornelius, qui fut à cette époque le petit ami de Kahimi Karie, est depuis 2000 le mari de Takako Minekawa. Avec Maxi On!, cette musicienne accomplie nous offre un titre un peu borderline, retro et moderne à la fois et rythmé aux sonorités recherchées, mêlant l'acoustique à l'électronique. Un titre -et une artiste-, à recommander à tous les amateurs de jpop sortant des sentiers battus sans pour autant en devenir chiante.
Par Ananda
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Mercredi 7 mai 2008
Une petite sélection des pires chansons que j'aime écouter. Attention, un abus de ces morceaux feraient plus fondre votre cerveau qu'un album de Nami Tamaki.

LISA
(ou plutôt LiSA) - Goal Get Daisakusen, parce -attention !- c'est un véritable collector. Avant d'être le seul intérêt à trouver dans les productions d'm-flo au début de leur carrière, LISA avait déjà eu une vie musicale plutôt fournie, et pour le moins chaotique. Ainsi, elle en plus d'avoir été la vocaliste du projet drum n bass Ram Jam World, elle a sorti quelques singles en solo dans le courant des années 90. Celui-ci, datant de 1994, est une merveille de débilité risible à la sauce samba. C'est tellement grotesque que l'on ne peut plus réprimer des éjaculations à l'écoute de ce titre d'anthologie, qui est en plus un monument littéraire d'envergure, avec des paroles transcendant la métaphysique nietzschienne : Stand up and jump olé olé. Un magnifique moment de rire et de bonheur, totalement indispensable.

NANA STARRING MIKA NAKASHIMA  - MY WAY, parce que pour une fois que Mika Nakashima nous fait oublier son anémie, on va pas cracher dessus. Elle a donc troqué ses déficits nutritionnels divers pour une bonne cuite comme on ne s'en prend pas assez souvent. Mika, qui a la légitimité pour chanter du jazz qu'Ai Otsuka aurait à chanter du Beyoncé, nous offre une version mythique du morceau de Paul Anka (entre énormément d'autres, bien qu'entre nous, la version de Nina Simone est meilleure). Accompagnée d'un choeur de copines aussi bourrées qu'elle, elle nous offre une prestation laide et fausse du début à la fin sur une ligne de guitare rock un peu minable. Assurément, son meilleur morceau.

Munehiro - Utage, parce que dans le lot des tâcheronnes RnB-ragga japonaises, la très inconnue Munehiro mérite une bonne place. Elle nous offre avec Utage un hybride de bourrée-auvergnate et de RnB à tendance orientalisantesques au rythme chaloupé délicieux. C'est cheap et quand même plus drôle que Miliyah Kato, parfait pour perdre sa cellulite (je parle aux lectrices, les filles écoutant de la jpop ayant, selon mon expérience, une tendance au surpoids assez prononcée).

PLASTICS - Delicious, parce que les années 80 ne se sont pas arrêtées aux portes du Japon. A ce propos, je tiens à dire que je n'ai rien contre les années 80, qui sont bien trop décriées, alors qu'en terme de musique et de style, elles ont valu bien mieux que la décennie suivante, qui nous a donné la dance européenne, les sacs banane, L'Arc~en~Ciel et les vestes en jean. A vrai dire, je suis partagé sur ce titre, qui est à la fois génial dans son côté pop, voire pop art (les références citées le sont), et complètement ridicule. Mais finalement, c'est probablement l'effet recherché ... En tous cas, un morceau bien débile mais finalement cool.
Par Ananda
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Lundi 5 mai 2008
Chitose Hajime - Miyori no Mori, parce qu'en plus d'avoir une des plus belles voix de la jpop, Chitose s'offre le luxe de productions à la fois très soignées et néanmoins accessibles. Cette grande chanteuse, dont la technique vocale nous rappelle ses origines de fille du sud, nous offre avec Miyori no Mori une ballade grandiose et émouvante, très loin des clichés avexiens de starlettes sans grand talent jouant sur une corde traditionnelle relativement semblable (au hasard ? alan).

Yokoshima - Georgy Porgy, parce que Yokoshima est une formation ultra-temporaire que que Georgy Porgy est leur unique morceau, sorti en téléchargement pendant une courte période en 2002, autant dire que c'est collector. Là où ça devient intéressant, c'est dans l'identité des membres de Yokoshima, puisqu'il s'agit ni plus ni moins de Shiina Ringo et son frère Shiina Junpei ! Ensemble, ils reprennent la comptime Georgy Porgy, ou plutôt la version que le groupe Toto en avait faite, sans trop la changer. Le résultat n'est pas exceptionnel mais suffisamment smooth, sympathique et entraînant (c'est quand même une comptine à la base) pour se laisser écouter avec plaisir.

GO!GO!7188 - Cutie Honey, parce qu'il n'y a pas de raison que la reprise de Kumi Koda soit tellement plus connue. Il s'agit ici d'une version live de leur reprise du titre de Yoko Maekawa effectuée en 2002 (avant Kumi Koda donc). Comme d'habitude, le groupe dégage une énergie brute à la limite du punk qui fait plaisir à entendre, et change de tous ces groupes de pseudo-rock japonais, dont certains viendraient même en concert en France vendredi prochain.

Rie Tomosaka - Shoujo Robot, parce que Shiina Ringo est aux manettes sur ce morceau qui date de 1999 et que ça s'entend bien, même si on est dans un registre sans doute un poil plus pop que celui qui était le sien à l'époque. Rie Tomosake n'a ni voix ni talent, mais la composition et les arrangements robotiques font tout pour elle dans ce morceau entraînant, et pour ceux qui seraient frustrés par cette absence d'organe, il sera possible de se reporter sur la version live de Tokyo Jihen, qui date, elle, de 2006.

Par Ananda
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Dimanche 20 avril 2008
Finalement j'envisage de faire de cette rubrique un rendez-vous hebdomadaire, voici donc quelques uns des morceaux que j'ai le plus écoutés cette semaine.

Susumu Yokota with Iva Bittová - Pegasus 150. Un des rois de l'ambient internatiolement reconnu rencontre la géniale et néanmoins Tchèque et un peu tarée violoniste et chanteuse Iva Bittová. Le résultat est mystique et invite au voyage d'une manière inquiétante sous-tendue par la voix exceptionnelle de la chanteuse. Un morceau à l'ambiance déroutante dans un genre qui se prête d'habitude plus à des séances de yoga.

Kahimi Karie - The Seventh Wife Of Henry VIII. Une ambiance très Renaissance pour un titre aux paroles drôles à en mourir (enfin, pas tout à fait, mais elles sont quand même amusantes). Ecrite par le génial Momus, la chanson prend le point de vue de la septième épouse du roi Henri VIII d'Angleterre, connu pour sa cruauté, qui eut 6 épouses, dont l'une fut répudiée et envoyée en exil dans un château, deux décapitées, une mourut en couches, une mourut d'un cancer, et une mourut de fièvres. Cette septième épouse un peu écervelée, qui n'a jamais existée dans la réalité, se réjouit de ce mariage et assure qu'il ne lui arrivera pas les mêmes problèmes qu'aux autres, notamment parce qu'elle est "belle et mince" et qu'elle connaît le bourreau du roi et qu'il ne "ferait pas de mal à une mouche". Musicalement, le titre est un chef d'oeuvre qui allie un des éléments résolument modernes dans le rythme et les sonorités à d'autres plus typiques de l'époque : le clavecin, l'orgue (qui est toutefois électronique), la flûte pour un petit bout de la chanson traditionnelle et déchirante Greensleeves. Mais attention, le tout est parfaitement dosé et n'a rien de grandiloquent ou de mauvais goût, on n'est pas dans du Mana, et au final le morceau est léger et guilleret. A écouter absolument.

H ZETT M - PIANOISE MY LIFE
(il est aussi possible de lire PIANO IS MY LIFE). H ZETT M n'est pas seulement l'ex pianiste virtuose de Tokyo Jihen, ce véritable prodige s'est aussi lancé dans une carrière solo, et ce titre était celui qui venait promouvoir son premier album, 5+2=11. Si il apparaît évident dès la première écoute qu'il ne devrait jamais chanter (même si sa voix est loin d'être horrible, elle est faible), le morceau n'en est pas moins un bijou de folie, avec, comme toujours chez lui, un piano jazz complètement barré, le tout dans une ambiance cabaret débridée. Un live particulièrement réussi du morceau pour s'en convaincre.



JUDY AND MARY - Sobakasu. Un des groupes les plus mythiques de l'histoire de la jpop et un de leurs morceaux les plus légendaires. Véritable star des karaokés, Sobakasu (quoique je me demande si Overdrive n'est pas encore plus karaokée que Sobakasu) fut le très célèbre générique de la non moins célèbre série Rurouni Kenshin et s'écoula à plus d'un million d'exemplaires en 1996, ce sera le plus gros succès du groupe. Et finalement on comprend pourquoi : il est rare de trouver un morceau qui dégage plus d'énergie que celui-ci. La voix de YUKI est comme toujours parfaitement braillarde, le rythme est particulièrement soutenu, et n'oubliez jetez une oreille à la guitare, plutôt inventive durant tout le morceau. Un morceau qu'on aime chanter très fort et très faux.
Par Ananda
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  • : Fumisterie à vocation vaguement humoristique et au contenu 100% subjectif sur le monde de la Jpop.

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